Galerie Gisèle Linder
Galerie Gisèle Linder GmbH
Elisabethenstrasse 54
CH-4051 Basel
Tel +41 61 272 83 77

English

Farnçais

 
 

Renate Buser Past | Future | Present 8 juin au 16 juillet 2022 Par ses études de peinture, Renate Buser en est venue à photographier de façon analogique et à diriger, par des images photographiques, les regards sur l’architecture existante, sur le monde bâti.
Buser utilise un appareil photo grand format avec un trépied pour ses prises de vues et objective ; dès le début, elle les montre principalement sur et dans les locaux où elles ont été créées. L’appareil photo grand format est l’un des appareils classiques ayant une optique inégalée dans les possibilités de correction des distorsions de perspectives ainsi que dans la qualité de l’image. Interrogée sur le côté anachronique de ce procédé, Renate Buser répond „J’ai constamment agrandi le format de l’appareil photo jusqu’à ce que j’arrive au grand format. C’est un appareil photo que je peux encore porter et avec lequel je peux très fortement construire l’image. Je n’ai jamais été intéressée à faire de tels travaux sur l’ordinateur. L’expérience dans l’espace, dans l’espace réel, est importante pour moi. C’est seulement là que me viennent les idées. L’architecture est un grand champ d’inspiration qui peut être revécu à travers les photos. Pour moi, il s’agit de faire l’expérience de l’espace dans le mouvement. C’est un jeu entre ce qui est réel et ce qui est photographié.“ (conversation entre Philip Ursprung et Renate Buser, 29 août 2007, dans : Publication à l’occasion de l’exposition „slightly urban“, Kunsthaus Baselland, 2007)

Buser, dans sa manière de travailler, suit une méthode qu’elle explore et qu’elle teste avec chaque projet. La connaissance des logiques et la gestion des systèmes et des processus sont essentielles pour planifier le déroulement et le résultat. La structure et l’infrastructure se composent de caméras, de voyages jusqu‘au Rajasthan et au Gujarat, ainsi que d’un atelier avec sa propre chambre noire, d’archives, d’entrepôts, de contacts et d’une confrontation constante avec l’espace bâti, les constructions modulaires et les architectures de différentes époques et cultures.
L’exposition actuelle montre un éventail de son travail dans les locaux de la galerie avec laquelle elle collabore depuis 2005. Ces locaux qui viennent d’être rénovés, dialoguent à travers les grandes baies avec le parc De Wette et avec les axes routiers autour de la gare CFF toute proche. A l’arrière, par une cour intérieure avec un jardin, la propriété jouxte un quartier qui s’est construit dans les années 1950, une époque à propos de laquelle on peut étudier aujourd’hui, en prenant les exemples du bâtiment Roche 74 et de la piscine couverte du Rialto, avec quels arguments on a démoli, assaini et réaffecté le patrimoine construit de la ville. La sélection comprend des travaux du début des années 2000 jusqu’à 2 projets à Bâle et à Olten qui seront réalisés et solennellement inaugurés à l’automne 2022 et en 2023, avec une édition lors de l’exposition. Conceptuellement, l’artiste ignore la distinction entre travaux artistiques et travaux appliqués, en étant pleinement consciente que cette catégorisation est fondamentale lors d’appel d’offres, de l‘adjudication et de la mise en oeuvre et qu’elle a un effet sur la médiation. En cela, elle reprend une tendance de créer des accès visuellement traçables à l’art et à l’architecture en tant qu’héritage culturel commun.

Photographies sur des supports résistant aux intempéries. Depuis la fin des années 1990, Buser conçoit et produit des photographies d’intérieurs de bâtiments et d’éléments architecturaux sur des bâches résistant aux intempéries, en matière synthétique et en tissu ultramesh qui ont été temporairement fixées sur les murs et les façades dans le cadre d’interventions photographiques spécifiques au site. Dans la mesure du possible sur le plan logistique, les oeuvres ont été par la suite conservées et entreposées. Lorsque la décision a été prise de contrôler les bâches surdimensionnées et de les inventorier, Buser a planifié cette mesure de consolidation d’une partie de l’archive comme projet, en lien avec une stratégie pour la documentation filmée. Cet «Art Handling» a été mis en place avec une petite équipe en quelques jours.

La bâche sur laquelle a été imprimé un motif de la grille en fer forgé séparant la nef du choeur, pour l’installation dans l’église baroque de Bellelay, couvre la moitié d’un mur en béton dans l’arrière-cour de la galerie : „Ce fut une décision importante pour l’intérieur de l’église, de travailler avec l’espace et non contre sa structure. La décision, de placer l’ornementation de la grille légèrement basculée vers l’espace dans l’ouverture de la grille, est venue plus tard seulement dans la planification. Ici aussi, je tiens à une fracture avec la symétrie, avec l’alternative, le choix de continuer son chemin à gauche ou à droite de cette grille. J’étais aussi consciente que je devais travailler ici avec un matériel tout à fait artificiel. C’est pourquoi j’utilise comme support d’image non pas des textiles filigranes, mais des bâches classiques de camion. “ (Conversation entre Renate Buser et Hans Rudolf Reust dans l‘abbatiale de Bellelay, le 10 juin 2014 ; dans : Publication „Renate Buser: Barock“ à l’occasion de l’exposition dans la Fondation de l’Abbatiale de Bellelay, 2014). Helen Pheby, mars 2022